par Ricardo Codina (La Vie Rurale 13/07/2007)

Les Québécois sont pour l’énergie éolienne plus que toute autre mais lorsqu’on parle d’en installer à proximité de chez eux, alors là, non on veut rien savoir. Bien d’accord pour construire des barrages près des réserves des Premières Nations et pourquoi ne pas mettre d’éoliennes là tant qu’à défigurer leur paysage? Quand on projette de les construire dans notre cour, alors là on monte aux barricades.

En Chaudière-Appalaches, il y a un projet de parc éolien qui enrage certains citoyens. Ces derniers ont peur de l’implantation d’éoliennes dans le parc régional du Massif-du-Sud près des municipalités de Saint-Magloire et Saint-Luc-de-Bellechasse, dans la MRC des Etchemins, un endroit venteux et pas trop loin de la civilisation (moins coûteux à installer). La contestation commence à s’organiser, comme pour tout projet générateur de changement dans la Belle Province.

C’est TransCanada, une entreprise canadienne, qui souhaite installer 74 éoliennes qui, selon leur estimation, produiraient 111 mégawatts d’électricité. Coût: 225 millions de dollars. Situé à 7 km de Saint-Magloire, un village de 740 citoyens. L’endroit envisagé est en plein cœur d’un parc régional. C’est là le nœud du problème. Un parc doit rester un parc et le village est trop près. De nombreux défenseurs du parc ont protesté contre le projet lors d’une soirée d’information tenue le jeudi 12 juillet par TransCanada.

La Société de gestion du parc régional du Massif-du-Sud aimerait investir dans le parc pour attirer plus de visiteurs. Le directeur, René Godbout, affirme que le projet de parc éolien va dégrader le paysage. Cela va aussi détruire son objectif d’utiliser le paysage naturel du parc pour attirer des visiteurs. L’inquiétude des citoyens vient aussi du fait que d’autres projets sont dans l’air pour le même site.

Le maire de Saint-Magloire, Marcel Asselin, serait plutôt intéressé par le projet à cause des retombées (redevances). Les différentes soumissions seront présentées en septembre et par la suite Hydro-Québec va décider. Reste à voir si la contestation actuelle est marginale ou généralisée. Le pas dans ma cour au Québec, c’est assez fréquent d’où les craintes de bien des gens de voir ces projets, excusez le jeu de mots, balayés du revers de la main.


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