
par Anne Drolet - Le Soleil (06/05/2008)
Les éoliennes devraient pousser d’ici quelques années sur les territoires de la capitale nationale et de Chaudière-Appalaches, alors que cinq projets ont été retenus
par Hydro-Québec. Si des opposants se sont fait entendre à Charlevoix, l’annonce a été reçue avec enthousiasme dans les autres régions choisies.
Les projets totalisent 652 mégawatts. Deux se trouvent dans Chaudière-Appalaches (Des Moulins et Massif du Sud) et trois dans la capitale nationale
(Clermont et deux projets dans la Seigneurie de Beaupré).
Sauf dans Charlevoix. les projets ont été bien accueillis lundi. «C’est une bonne nouvelle», fait valoir Hervé Blais, le préfet de la MRC de Bellechasse.
Il explique que le développement éolien se fait dans les règles de l’art puisque la MRC a été «proactive» et a «adopté un règlement de contrôle intérimaire
justement pour encadrer l’implantation d’éoliennes».
Ce règlement prévoit entre autres des distances à respecter. Par exemple, aucune éolienne ne peut être installée à l’intérieur d’un rayon de trois kilomètres
du chalet de la station de ski.
Il rappelle que l’annonce de lundi n’est qu’une étape du processus. Le projet devra recevoir l’aval du Bureau d’audiences publiques en
environnement (BAPE) et des municipalités locales concernées.
M. Blais note qu’il n’a pas senti de vent de contestation parmi les résidants
Massif du Sud
Par le passé, le principal actionnaire de la Station touristique Massif du Sud, Alain Contant, avait dénoncé l’implantation d’éoliennes, qui nuisait selon
lui à son propre projet de développement de la station. Hier, M. Contant a fait savoir qu’il ne ferait aucun commentaire.
«À cette étape-ci, je pense que c’est peut-être prématuré de dire qu’on est contre», pense Hervé Blais.
Même son de cloche de la part de Joseph Talbot, président de la Corporation d’aménagement et de développement Massif du Sud, le nouveau gestionnaire du parc régional.
M. Talbot estime qu’il faut attendre de voir les détails du projet, et qu’il sera possible de négocier pour minimiser les impacts. Il accueille d’ailleurs
la décision avec enthousiasme. Le parc a besoin des redevances pour soutenir ses opérations, croit-il. Le consortium St-Laurent Énergies compte installer 75 éoliennes, pour
un total de 150 MW.
Du côté de la MRC de la Côte-de-Beaupré, on se réjouissait de la sélection des deux projets du consortium Boralex et Gaz Métro, sur les terres du Séminaire de Québec.
«C’est un projet qui est accepté du milieu», fait valoir le préfet, Henri Cloutier. Encore là, un règlement balise l’implantation d’éoliennes, pour protéger
le paysage et le milieu.
Les impacts visuels et sonores des 131 éoliennes sont «inexistants» et les impacts environnementaux sont «quasi inexistants», avance Patricia Lemaire, de Boralex.
L’étude d’impact est déjà réalisée et les consultations commenceront prochainement.
La MRC de l’Amiante garde ses commentaires pour mardi, après l’analyse du dossier.