par Alexande Noël - Le Soleil (21/07/2007)

Les plans de parc éolien au Massif du Sud indisposent le principal actionnaire de la station de ski, Monsieur Alain Contant. Il brandit les arguments de l’emploi et du développement durable pour promouvoir son projet de « village de montagne ».

L’idée ferait grimper le nombre d’unités d’hébergement à 600 avec la construction de types d’hébergement variés tels condos-hôtels, chalets unifamiliaux, chalets-auberges, unités locatives en bois rond, village de yourtes et auberge de jeunesse. Il y aurait de tout pour toutes les bourses, à en croire M. Contant. La réalisation de cette pourvoirie de sport et d’aventure représente des investissements se chiffrant à entre 125 et 150 millions $.

« Nous employons actuellement 100 travailleurs saisonniers et une dizaine de permanents. D’ici 2012, 125 emplois par année, directs et indirects, auront été créés. En 2021, ce sera 305 emplois (dont 122 directs), et ils seront récurrents », a fait valoir Alain Contant lors d’un entretien avec Le Soleil. Il veut faire de la station de ski une « pourvoirie sports, aventure et culture quatre saisons ».

Le promoteur TransCanada soutenait, lors de sa présentation publique du 12 juillet à Saint-Magloire, que l’exploitation d’un parc éolien créerait entre 10 et 15 emplois permanents. La phase de construction de près d’un an nécessiterait entre 200 et 300 travailleurs pendant sa période de pointe, qui s’échelonnerait sur deux mois.

Les retombées indirectes de la station de ski du Massif du Sud sont estimées à entre 8 et 9 millions $ aujourd’hui. Elles s’élèveraient à environ 25 millions $ par année pour la région de Bellechasse une fois le projet de développement à terme, estime M. Contant, étude à l’appui.

Il ajoute que la construction autour de la station représentera en décembre une valeur foncière de 3 millions $. « C’est 7 % de la valeur de l’évaluation foncière de Saint-Philémon, qui est de 42 millions $. Il n’y a jamais eu de croissance comme ça là-bas en 10 ans », s’enthousiasme l’homme d’affaires.

Une offre massive d’activités de plein air s’ajoutera à ces infrastructures pour faire du Massif du Sud une station-boutique personnalisée. D’ici quatre à cinq ans, le versant ouest accueillerait de nouvelles pistes damées, poursuit Alain Contant.

Depuis deux ans, les maniaques de neige vierge peuvent accéder au versant sud du Massif. Un Catski, un véhicule à chenilles, les emmène dans un environnement silencieux, quasi inaccessible. Deux autres aires pourraient être développées pour cette activité. « Nous sommes la seule montagne de ski qui offre ça au Québec », avance M. Contant.

Mauvais voisin ?

« Quand tu construis des chalets familiaux en bois rond, tu veux que ton voisin demeure un parc régional et non un parc éolien. C’est notre niche, 119 km2 de parc et de sentiers aménagés, une vue imprenable de la nature. Tu ne peux pas faire une randonnée et voir une éolienne devant toi, c’est carrément incompatible ! », clame le promoteur touristique.

Pendant que trois compagnies discutent chacune avec les autorités locales en tentant d’obtenir leur appui pour l’implantation d’un parc éolien, Alain Contant croit que la population a son mot à dire. « C’est à la population de prendre la décision et elle n’est pas assez informée », croit-il.

Les gens de Bellechasse ont une richesse dans leurs montagnes et ne s’en sont pas encore aperçu ! », lance Alain Contant en précisant qu’il ne veut blâmer personne.

« Le développement durable, ce n’est pas juste du monde pour un été, mais pendant les 20 prochains étés », conclut le promoteur.

Le Massif du Sud est le plus haut domaine skiable au Québec, culminant à 915 mètres. Son dénivelé est de 400 mètres.


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