Par André Poulin - La Voix du Sud (07/10/2009)

Des 9 382 hectares de terres publiques du Parc régional Massif du Sud, 160 feront l'objet de travaux durant la phase d'implantation des 75 éoliennes prévues au projet de parc éolien du Massif du Sud, ce qui représente 1.63% ou moins que 2% du territoire. Durant la phase d'exploitation de vingt ans dudit parc, ce pourcentage sera ramené à 0.31% ou moins de 0,5 % de la superficie de terres publiques puisque seulement 30 hectares seront alors utilisés.

Ces chiffres les représentants de Saint-Laurent Énergies les ont communiqués, samedi dernier, aux quelques cent-cinquante personnes qui ont assisté, à la rencontre d'information organisée au centre communautaire de Saint-Luc.

Le beau côté de la médaille

En provenance des quatre municipalités sur le territoire desquelles ces 75 éoliennes seront érigées ainsi que de municipalités avoisinantes, les participants ont dans un premier temps écouté la présentation faite par Saint-Laurent Énergies de son projet, de son rendement énergétique de 150 MW permettant d'alimenter 30 000 foyers québécois, des investissements de 350 M$ qu'il commande dont 60 % seront effectués au Québec, des études d'impact qui seront déposées auprès des différents ministères gouvernementaux au cours de l'automne, etc.

Outre les chiffres mentionnés plus haut, les représentants de Saint-Laurent Énergies ont aussi précisé à cette occasion les changements apportés au projet initial, comme le déplacement des six éoliennes de la zone d'activités intensives du parc, pour en minimiser l'impact sur ces dernières. De même, ils ont fait état des mesures d'atténuation proposées pour les sept traversées de cours d'eau qui seront construites dans le cadre de ce projet et préciser que seule une de ces sept traversées sera aménagée sur un cours d'eau permanent et que quatre le seront sur de nouveaux chemins. Ils ont aussi donné des détails sur les éléments contenus dans leurs études d'impact sur le milieu physique, le milieu biologique, et le milieu humain ainsi que précisé les principaux enjeux qu'ils ont tenté de relever soit ceux de l'intégrité de l'habitat de la grive de bicknell, de celui de l'omble de fontaine, de l'environnement visuel et de la qualité de l'expérience récréotouristique.

L'envers de la médaille

Toutes ces explications n'ont toutefois pas réussi à rassurer les opposants aux projets qui se sont pas la suite présentés nombreux pour débattre, critiquer ou contester un aspect ou l'autre du projet.

Pour l'un, Bruno Labrecque a déploré le déficit démocratique sous-jacent à ce projet réclamant de la municipalité de Saint-Luc, qu'elle tienne un référendum sur ce projet. À cette demande, le maire sortant de Saint-Luc, René Leclerc, allait par la suite répondre en indiquant que plus de deux cents citoyens de sa municipalité qui en compte un total de 526 avaient signé une lettre appuyant la position du conseil dans le dossier du parc éolien.

L'ingénieur forestier Germain Chabot déplora, quant à lui, que l'implantation d'éoliennes puisse se faire à moins de 50 mètres de la ligne de lot alors que la norme est de 300 mètres des sentiers pédestres ou multifonctionnels pour garantir la sécurité des utlisateurs. «Les propriétaires en subiront une perte de la valeur de leur propriété en raison des risques associées à la circulation sur la partie de leurs lots située à moins de 300 mètres d'une éolienne» de dénoncer M. Chabot qui vit toutefois son argumentation relativisée par les propos de Steve Vertefeuille de SNC Lavallin, selon lequel le risque d'être frappé par de la glace en provenance de palle d'une éolienne était comparable à celui de l'être par le tonnerre.

Une résidante de Saint-Luc, France Allard s'inquiéta pour sa part de ce que le parc éolien puisse être agrandi sans que de nouvelles études d'impact soient réalisées. Les représentants de Saint-Laurent Énergies l'ont toutefois rassurée en lui indiquant qu'advenant une pareille possibilité de nouvelles études d'impact devraient être menées.

Stéphane Gingras un citoyen de Lévis se questionna pour sa part sur de possibles limitations de l'accès au parc régional advenant l'implantation d'éoliennes, ce qui sera effectivement le cas durant l'érection des structures mais pas durant l'exploitation du parc régional. Utilisateur du parc régional, il remit toutefois en question son intérêt à circuler dans le parc advenant que des éoliennes y soient érigées.

Spécialiste en environnement, Alain Chabot constata pour sa part que, malgré le peu de superficie du parc régional touché par les travaux d'implantation du parc éolien, leur impact serait important puisque ceux-ci y auront cours dans le milieu le plus sensible soit les crêtes des montagnes où les travaux ne consisteront pas uniquement en du déboisement, mais aussi en du décapage des terrains, ce qui aura un impact majeur sur l'environnement du parc.

Comme de soi, les opposants au projet de parc éolien dans le Massif du Sud ont appropiée pratiquement toute la période de questions, de cette journée d'information qui leur permettra, peut-être, de faire modifier le projet dans le sens qu'ils le désirent.

À l'évidence toutefois, celui-ci poursuivra donc son cours avec le dépôt cet automne de l'étude d'impact auprès des différents ministères concernés, puis la tenue au cours de l'hiver 2010 des audiences du Bureau des audiences publiques sur l'environnement, qui représenteront l'ultime chance pour les opposants d'obtenir le retrait de ce projet.


Vous souhaitez poster un commentaire.